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1e - Lundi 2 novembre - M1CG - Développer et évaluer 1 - Intervenant : Jean Matter

Quand ? Le 02/11/2015,
de 09:00 à 16:30
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L’évaluation en pédagogie professionnelle

Jean Matter formateur IFFP

« Si tu veux savoir où tu vas, sache d’où tu viens » Talmud

« Étymol. et Hist. 1366 esvaluer « déterminer la valeur, le prix de quelque chose » (Arch. hospitalières de Béthune)

« Étymol. et Latin ex-valere « donner une valeur à partir d’une position extérieure »

« Étymol. et Latin, valere, être bien portant, être fort, avoir de l’importance

« Étymol. Angl. et Latin  Assess, assedere, être assis ou placé auprès de »

« La connaissance d’une autre culture devrait accroître notre capacité à évaluer plus précisément, à apprécier plus tendrement la nôtre » Margaret Mead

 « Rendre probable pour chaque élève un maximum de possibles, en culture, en entraide, en réalisations, en responsabilités, en motivation, en excellence » Emmanuel Kant

Faire autre chose de l’évaluation, rêve ou réalité ? Quel est le cours de l’action de l’enseignant-e de Culture générale en bute contre les formes les plus traditionnelles et rébarbatives de l’évaluation ? De quel cortège d’artefacts et d’animations aussi contraignant que peu constructif se distancer ?

Retour sur l’expérience. D’ordinaire, évaluer, c’est (ré)élaborer une « épreuve », soit par emprunt soit par formulation à partir du Plan de Formation, des exercices effectués, des points à attribuer, etc. Évaluer, ce peut-être un pensum, par exemple les corrections. Quant au prix de l’équité et des encouragements, c’est assurément celui du doute. Du questionnement aussi. Didactique, « les objectifs … pertinents ?  » ; réflexif, « mon travail, le travail des personnes en formation, … suffisamment efficaces, véritablement satisfaisants ? » ; pédagogique, « suis-je vraiment en train de construire des compétences ? ». 

Si l’enjeu principal du présent Module reste de situer très précisément des résultats, la dialectique des questions posées et des réponses attendues (sans parler de celle des compétences opérationnelles et transversales) nous met aujourd’hui au défi d’exploiter les potentiels à disposition, les attitudes, les manières de s’impliquer face à la situation, etc. Cela requiert de nouveaux outils d’évaluation et un très large éventail de méthodes d’animations, ne serait-ce que pour honorer le fait que l’École constitue le dernier lieu où il est encore possible de tirer parti des erreurs rencontrées pour inventer d’autres façons d’apprendre, précisément en mettant l’évaluation au cœur des apprentissages.

Dans ce Module l’évaluation a une part prépondérante mais l’animation n’est pas en reste, et de loin. Voir le modèle de l’alternance proposé par Jacques Ardoino.  D’un point de vue technique l’évaluation apparaît telle une comparaison en vue d’une décision. D’un point de vue humain cependant elle constitue « une prise de position sur la réalisation d’une attente ». Une prise de position qui engendre le plus souvent des réajustements de ses manières d’enseigner et d’animer (rendre vivant, donner une âme). Sur le vif et pas seulement après coup en songeant à une prochaine fois.

L’acte d’évaluer comporte ainsi une double fonction : le contrôle (« identifier ») et l’accompagnement (« développer »). La première mesure les écarts face à un référentiel (objectifs, critères, indicateurs, etc), la seconde consiste à interpréter la valeur de cet écart pour réguler les apprentissages et / ou réajuster ses pratiques d’animation.

Qui cherche à développer des compétences se trouve donc en situation d’inventer de nouveaux exercices et d’en faciliter les accès. Et comme les compétences ne s’arrêtent ni aux connaissances ni aux performances, leur évaluation requiert ce postulat (Scallon) : « l’évaluation ne peut tenir dans un seul jugement de performance. Les attitudes, les engagements à adopter sont également à prendre en compte »

Dit autrement, la cause pour laquelle mobiliser les savoirs de ce Module s’apparente avant tout à celle d’une mise en forme d’outils applicables à sa situation. Pour autant  elle s’avère indissociable d’une réflexion sur le sens de l’évaluation au cœur de sa pratique.

Et si différentes démarches sont prises en compte (didactique, ergonomie, psychodynamique du travail, etc) l’histoire d’un dispositif d’évaluation inédit reste l’affaire de chacun. Initialement astreints à construire des apprentissages autour des défis du sens et de la citoyenneté, nous tenterons d’associer authenticité dans les animations, efficacité dans l’atteinte des objectifs et efficience dans l’art de créer des ressources. En tout état de cause quelle autre démarche engager si ce n’est la sienne, celle pour laquelle en parodiant Michel Audiard on pourrait dire qu’on se sent des idées … et même des envies ? 

 

 © Jean Matter juillet 2015